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PUBLICATION | La démocratie à l’épreuve de la jeunesse. Une (Ré)génération politique ?
   
Communiqué
INJEP analyses & synthèses n°46
La démocratie à l’épreuve de la jeunesse. Une (Ré)génération politique ?
 

Loin d’exprimer un rejet de la démocratie ni un désintérêt pour la chose publique chez les 18-29 ans, l’enquête ARVAL, révèle des exigences démocratiques renforcées et une attente forte vis-à-vis de l’État-providence. Surtout les premiers résultats présentés dans ce numéro d’INJEP analyses & synthèses annoncent d’autres rapports à la démocratie ainsi qu’aux jeux institutionnel et politique qui préfigurent celui de l’ensemble des Français du fait du renouvellement générationnel.
 

Hausse de l’abstention, affaiblissement des allégeances partisanes, défiance à l’égard des personnels politiques sont des caractéristiques fortes de la démocratie représentative, qui attestent d’autres manières d’exercer sa citoyenneté en marge des institutions politiques. Le dernier numéro d’INJEP analyses & synthèses, « La démocratie à l’épreuve de la jeunesse. Une (Ré)génération politique ? », signé de Laurent Lardeux (INJEP) et de Vincent Tiberj (Sciences Po Bordeaux, Centre Émile Durkheim), montre que ces conceptions et pratiques politiques tendent à se généraliser avec le renouvellement générationnel. De même, elles contribuent à perturber le rapport d’allégeance à la démocratie et de déférence à l’égard des organisations et des acteurs politiques porté par les générations précédentes.

Des exigences démocratiques plus affirmées

Ce constat se fonde sur les résultats de la dernière édition de l’Enquête européenne sur les valeurs, conduite en France par l’Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs (ARVAL), qui permet de saisir les liens des différentes générations depuis 40 ans.

Pourtant, loin de révéler un rejet de la démocratie ni un désintérêt pour la chose publique, cette défiance exprimerait au contraire de nouvelles exigences démocratiques. Non seulement les opinions positives des 18-29 ans vis-à-vis du régime démocratique dépassent de 5 points celles de l’ensemble des Français, mais les générations nées après 1990 affirment une exigence plus forte que leurs aînés pour le respect de ses principes essentiels : tenue d’élections libres, égalité des droits entre les individus, redistribution par l’impôt, égalisation des revenus…

La défiance vis-à-vis de la démocratie ne saurait dès lors témoigner d’un sentiment de repli ou de dépossession politique, mais d’attentes nouvelles en faveur d’un État plus interventionniste dans le domaine de la protection sociale et d’égalisation des conditions d’existence.


Les « baby-boomers » atypiques

S’agissant du rapport à la démocratie, ce ne seraient pas les jeunes nés après 1990 qui se distingueraient du reste de la population, par une pratique intermittente du vote, l’abstention, et une confiance amoindrie pour les institutions de la vie démocratique, mais la génération des baby-boomers qui présenterait un comportement « atypique » par sa forte participation électorale et la confiance accordée aux organisations politiques traditionnelles.

Les jeunes citoyens investissent davantage des modalités de participation politique alternatives, plus protestataires, et moins respectueuses du jeu électoral et institutionnel. Ces dernières vont, prédisent les auteurs, progressivement « donner le ton » de la politique française, par le jeu des renouvellements générationnels.

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