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PUBLICATION | Expériences des confinements par les adolescents ruraux
   
Communiqué
INJEP analyses & synthèses n° 47
Expériences des confinements par les adolescents ruraux
 

L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire a conduit une étude qualitative sur la façon dont les adolescents ruraux ont vécu le premier confinement. Elle permet de mieux comprendre la réalité de ces jeunes confrontés à des situations singulières entre décohabitation précoce et fortes inégalités. Les effets du confinement sur leurs parcours et leurs conditions d’existence révèlent l’hétérogénéité de leurs situations et accentuent les inégalités entre ces jeunes adolescents vivant sur un même territoire.


La crise sanitaire ne révèle pas seulement l’hétérogénéité des conditions de vie des adolescents vivant en milieu rural : elle exacerbe les inégalités préexistantes entre les 15-18 ans, à une période stratégique de la vie où se met en place le processus d’autonomisation à l’égard des parents. Tels sont les traits saillants du dernier numéro d’INJEP analyses & synthèses, bulletin de l’INJEP, signé de Yaëlle Amsellem-Mainguy et de Pauline Blum, respectivement chargée de recherche et chercheure associée à l’INJEP qui ont mené une enquête qualitative auprès des adolescents ruraux durant le premier confinement.

La plupart du temps fort éloignés d’une société agricole à laquelle on les réduit parfois, ces filles et garçons divergent par leurs situations selon qu’ils vivent dans des hameaux isolés, dans les centres-villes des bourgs commerçants ou selon leur sexe.

Retour à la case « parents »
 

Souvent confrontés à une offre de formation réduite et sous la pression des temps de transport, les adolescents ruraux sont nombreux à vivre des périodes temporaires de décohabitation, totales ou partielles, pendant les « années lycée » qui passent par la fréquentation d’un internat ou d’un hébergement « en ville » chez un membre de la famille. Cette expérience leur permet d’accéder aux conditions concrètes de leur émancipation du milieu familial telles que les réseaux de transports en commun plus denses, les bars, les magasins, ou les salles de jeux.


Avec la crise sanitaire, ces filles et garçons sont massivement revenus vivre chez leurs parents, se confrontant à l’isolement au sein de la cellule familiale, aux difficultés de se construire en dehors de celle-ci et pour les adolescents de milieux populaires aux difficultés liées à l’habitat précaire et à la promiscuité. À ces nouvelles difficultés viennent s’ajouter des effets de genre : au cours du confinement les filles ont été amenées, encore plus que d’habitude, à s’investir dans les tâches domestiques tandis que les garçons se sont davantage octroyé la possibilité d’aller dehors, de retrouver des amis ou de maintenir une pratique sportive.


Des inégalités qui se creusent
 

Les inégalités d’accès à Internet, la faiblesse des équipements informatiques ont également produit chez beaucoup de ces jeunes des formes de lassitude face aux cours en ligne. Voilà qui fragilise encore plus ces jeunes dont les trajectoires de formation et d’insertion « se caractérisent par des études plus courtes et plus professionnalisantes que les jeunes urbains avant la crise sanitaire », écrivent les autrices. Cette situation risque de s’accentuer par la suite avec l’installation de la crise sanitaire dans la durée et ses répercussions économiques et sociales en particulier pour les moins aisés.

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